Crédit photo : William Garrey
Nous avons discuté de l’incroyable programmation 2026 (et pas seulement) du Festival Printemps de Pérouges avec sa créatrice et directrice, Marie Rigaud. Un événement qui aura lieu du 23 au 28 juin 2026, dans le parc du Château de Saint-Maurice-de-Rémens, dans l’Ain.
Pour commencer, pouvez-vous revenir sur la création du festival ?
L’idée est née au printemps 1996, lors d’une balade dans la cité médiévale de Pérouges. J’ai eu un véritable coup de cœur pour le lieu.
Très rapidement, j’ai lancé une structure associative, une association loi 1901 qui existe toujours aujourd’hui, et j’ai réussi à fédérer des personnes autour de moi. Cela nous a permis de proposer une première édition dès 1997. L’année prochaine, nous fêterons donc les 30 ans du festival.
Si vous deviez décrire le festival en trois mots ?
Associatif, généreux, populaire.
Quels ont été les moments clés de son développement ?
Il y en a eu beaucoup. Je pense notamment à un moment fondateur au début des années 2000 : notre premier concert en site industriel, en 2000, dans une centrale nucléaire. Cela a marqué le début d’une vraie identité pour nous : proposer des concerts inédits, sur mesure, dans des lieux insolites, non destinés à accueillir du public.
Pendant près de vingt ans, cette approche nous a guidés. Nous avons développé des projets en partenariat avec des entreprises, ce qui nous a permis de créer des expériences uniques, mêlant équipes associatives et salariés d’entreprises. Ces rencontres un peu atypiques ont été très enrichissantes, tant humainement qu’économiquement.
Autre moment marquant : la venue de Johnny Hallyday pour notre 20e anniversaire.
Enfin, plus récemment, notre installation dans la maison d’enfance d’Antoine de Saint-Exupéry a relancé une nouvelle dynamique depuis quatre ans. C’est un site exceptionnel, qui offre une expérience festivalière idéale.
Quelle est aujourd’hui la direction artistique du festival ?
Ce n’est pas uniquement une question de programmation musicale. Notre véritable direction artistique, c’est de proposer un festival populaire avec une expérience globale de qualité, presque “premium”.
Nous travaillons autant l’environnement que le contenu : la musique bien sûr, mais aussi la gastronomie, l’accueil, l’ambiance. Nos mots-clés sont la convivialité, le partage, le bien-être, le plaisir de bien manger… le tout dans un cadre rural, les pieds dans l’herbe.
Parlons de l’édition 2026. Comment la présenteriez-vous ?
C’est une édition ambitieuse, presque à la hauteur d’un anniversaire. Elle marque notamment le retour du rock, avec de très belles têtes d’affiche.
Nous sommes très heureux d’accueillir Lenny Kravitz, un artiste live incontournable. Jean-Louis Aubert sera également présent, pour célébrer ses 50 ans de carrière, une première pour le festival. Nous recevrons aussi The Australian Pink Floyd Show, ainsi que Magma, un choix plus pointu mais qui reflète notre volonté de nous adresser à tous les publics.
Cette année, il y a aussi un bel alignement autour des jeunes talents : Sam Sauvage, Théodora, Saint-Graal, Louisa, Ménissa…
À partir du week-end, la programmation devient plus familiale et grand public, avec notamment Christophe Maé, Louane ou encore Théodora.
C’est une programmation à la fois très éclectique et cohérente, pensée pour rassembler des publics différents autour d’une même expérience.
Quelques chiffres pour mieux comprendre l’ampleur du festival ?
Nous mobilisons environ 450 bénévoles, avec chaque année de nouvelles demandes. C’est une communauté très engagée et fidèle.
En 2025, nous avons accueilli 45 000 festivaliers. À partir de 2026, nous passons à une jauge de 10 000 spectateurs par soir.
Côté anecdote : l’an dernier, nous avons vendu plus de 6 000 parts de pâté en croûte, un produit gastronomique devenu emblématique du festival, désormais proposé en prévente !
Et sur 30 ans, nous avons accueilli près d’un millier d’artistes.
Comment parvient-on à programmer une star comme Lenny Kravitz ?
Il y a plusieurs facteurs : la persévérance, l’intuition… et une vraie prise de risque. Ce sont des artistes d’exception, avec des cachets importants, donc il faut oser se positionner rapidement.
C’est là qu’on se révèle aussi comme entrepreneur. Il faut réfléchir, bien sûr, mais ne pas avoir peur.
Quelle place accordez-vous aux jeunes talents ?
Elle est essentielle. Nous fonctionnons beaucoup au feeling, en restant attentifs à l’actualité musicale.
Nous avons aussi deux tremplins :
- le Kids Tonic Live, dédié aux plus jeunes, qui leur permet de vivre leurs premières expériences scéniques ;
- et le retour du tremplin rock, avec un très bon niveau cette année (plus de 50 candidatures).
Où en est la billetterie pour 2026 ?
Il reste des places pour tous les concerts, mais certaines dates sont presque complètes. Pour Lenny Kravitz, par exemple, il ne reste plus que quelques centaines de billets.
Globalement, nous avons déjà dépassé la moitié du remplissage.
Et pour l’avenir du festival ?
Nous travaillons déjà sur 2027, qui sera une année importante. L’objectif est de continuer à proposer des programmations audacieuses.
En revanche, nous ne cherchons pas à croître à tout prix. La priorité reste la qualité de l’expérience et la proximité avec le public. Nous voulons rester un festival à taille humaine, convivial et fidèle à son ADN.

