Pouvez-vous vous présenter et revenir sur votre parcours ?

Je m’appelle Fanchon Smetaniuk. J’ai suivi un master de lettres modernes, orienté recherche. À la fin de mes études, comme c’est souvent le cas avec ce type de formation, il n’était pas forcément évident de trouver un emploi immédiatement. J’ai donc commencé par un service civique au sein du Festival Chefs Op’, lors de l’édition 2021.

Cela fait donc déjà quelques années que je suis impliquée dans le projet. Après ce service civique, j’ai poursuivi avec un contrat aidé. Aujourd’hui, je travaille en auto-entreprise et je réalise différentes missions pour le festival. Comme il s’agit d’une activité assez saisonnière, j’ai également un autre emploi à côté.


L’éducation à l’image, une mission centrale

Vous travaillez notamment sur l’éducation à l’image. Comment expliquer cette mission au grand public ?

J’ai plusieurs missions au sein du festival, mais l’éducation à l’image est celle qui me prend le plus de temps. L’idée est d’organiser le festival pendant une période scolaire afin que les élèves puissent y participer.

Nous accueillons des publics à partir du primaire, généralement dès le CM1, jusqu’aux étudiants. Plusieurs types d’actions sont proposés. La base consiste à faire venir des classes aux projections du festival. Après les séances, nous organisons des discussions avec les élèves.

Des stagiaires, par exemple, préparent et animent ces débats post-projection. Ils regardent les films en amont, identifient les thématiques importantes et adaptent leur intervention en fonction du public : on ne s’adresse évidemment pas de la même manière à des élèves de CM1 et à des collégiens de troisième. L’objectif est de faire parler les élèves du film, de vérifier leur compréhension et d’échanger sur leurs ressentis.


Interventions dans les classes et découverte des métiers du cinéma

En amont du festival, j’interviens également directement dans les classes pour présenter les métiers du cinéma. Ce sont des séances d’environ une heure, destinées aux élèves du primaire et du collège.

Bien sûr, il est impossible de couvrir tous les métiers, mais nous abordons les principaux en suivant les grandes étapes de la fabrication d’un film : la préproduction, le tournage et la postproduction. Cela permet aux élèves de comprendre comment un film se construit et quelles personnes interviennent à chaque étape.


Le concours « Paroles d’images »

Nous organisons aussi le concours Paroles d’images, en partenariat avec le musée Nicéphore Niépce. Chaque année, une sélection d’une douzaine de photographies est proposée aux enseignants.

Les élèves doivent en choisir trois et imaginer une histoire à partir de ces images. Les formes sont libres : cela peut être un poème, une nouvelle, un scénario… L’important est de construire un récit qui relie les photographies.


Des ateliers pratiques pendant le festival

Pendant le festival, les classes participent également à des ateliers pratiques. Les élèves viennent généralement sur une demi-journée et se répartissent en deux groupes qui tournent sur différents ateliers.

Parmi eux, on retrouve notamment :

  • l’atelier bruitage, animé par un musicien. Les élèves réalisent en direct les effets sonores de courts-métrages, notamment des Silly Symphonies de Disney ;
  • l’atelier mash-up, qui permet de créer un court montage vidéo à partir de cartes déclenchant images et sons ;
  • l’atelier stop-motion, où les élèves apprennent à animer un objet image par image.

Ces ateliers rencontrent beaucoup de succès car ils permettent aux élèves de manipuler et de comprendre concrètement les mécanismes de création audiovisuelle.


Conférences, masterclass et jury jeune

Les élèves plus âgés peuvent également assister à certaines conférences et masterclass organisées pendant le festival. Cette année, par exemple, une conférence portait sur l’intelligence artificielle.

Pour ceux qui envisagent éventuellement de travailler dans le cinéma ou l’image, c’est une occasion précieuse de rencontrer des professionnels et de découvrir les réalités du secteur.

Le festival propose aussi un jury jeune, composé de lycéens et d’étudiants volontaires. Encadrés par un bénévole, ils visionnent les films en compétition et décernent leur propre prix à la fin du festival.


Une classe en immersion pendant le festival

Une autre action importante est la classe en immersion. Une classe de collège s’installe pendant toute la durée du festival à l’Espace des Arts.

Les élèves suivent leurs cours le matin et participent l’après-midi aux activités du festival : projections, ateliers, visites ou rencontres professionnelles. Ils prennent également part à des ateliers de programmation où ils sélectionnent eux-mêmes une série de courts-métrages à présenter au public.


Un dispositif qui touche des milliers d’élèves

Chaque année, ces différentes actions permettent de toucher un public scolaire important. Pour l’édition la plus récente, environ 3 200 entrées d’élèves ont été comptabilisées sur l’ensemble du festival.


Des perspectives de développement

Pour les prochaines éditions, l’équipe souhaite renforcer ces dispositifs et les ouvrir encore davantage. L’objectif est notamment d’impliquer plus d’écoles primaires et de développer les ateliers.

Le festival aimerait également retrouver les financements nécessaires pour relancer certains projets, comme la réalisation de courts-métrages par les élèves avec des professionnels. Ce type d’atelier, plus long et plus immersif, permet aux jeunes de s’approprier pleinement les outils du cinéma.

Enfin, l’équipe souhaite élargir encore le rayonnement du festival en attirant davantage d’établissements scolaires venant d’autres territoires.

Le site du festival : https://www.festivalchefsop.fr